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Laurent Barcelo

Laurent Barcelo

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Nouvelles formes de conflictualités (1947 à nos jours)

Les nouvelles formes de conflictualités (1947 à nos jours)

 

La« guerre froide » (1947-1991)

 

L’expression « guerre froide » désigne une période de forte tension entre antagonistes, qui ne dégénère néanmoins pas, entre eux, en conflit ouvert direct. Dans la mémoire collective, cette expression, utilisée par Bernard Baruch(homme d’affaire et homme politique américain) en 1947 et popularisée par le journaliste Walter Lippmann, qualifie la confrontation idéologique et politique entre les deux superpuissances que furent les États-Unis et l’URSSet leurs alliés respectifs, du lendemain de la seconde guerre mondiale à la fin des années 1980. Remarquons qu’au sens strict, la « guerre froide »définit les relations entre les deux « blocs », occidental et communiste, de 1947 à la mort de Staline, en 1953.

 

Il convient donc de distinguer plusieurs phases dans la « guerre froide » :

 

    
 

ü La « Guerre froide » stricto sensu : 1947 (doctrine Truman ; plan Marshall ; doctrine Jdanov) - 1953 (mort de Staline).

 

ü « Coexistence pacifique » : 1953 - 1962 (crise des fusées à Cuba).

 

ü « Détente » : 1962 - 1975.

 

ü « Guerre fraîche » : 1975 - 1985.

 

ü Fin de la guerre froide ou nouvelle détente : 1985 - 1991.

 

 

La « guerre froide » n’est pas la paix : si les deux puissances ne s’affrontent pas de façon directe, malgré de nombreuses crises (blocus de Berlin, construction du mur de Berlin, Cuba), ils interviennent d’une manière ou d’une autre dans divers conflits périphériques, aux confins de leurs empires (Corée, Vietnam, Afghanistan). Raymond Aron, politologue français, a ainsi qualifié la guerre froide : « paix impossible, guerre improbable ». Qu’est-ce que la guerre froide ? Quels modèles de société défendent respectivement les 2 « supergrands » ? Quelles sont les formes de contestation, intérieures et externes, à ces modèles ?

 

 

I. La vision idéologique de deux mondes et le déclenchement de la « guerre froide ».

 

A/ La formation des blocs

 

1) Les origines de l’opposition est-ouest (1945-1946) découlent de l’inquiétude croissante des EU face aux agissements de l’URSS en Grèce, en Turquie, en Europe centrale et orientale, où ils tentent partout d’étendre leur influence. La satellisation de l’Europe centrale et orientale par le non respect des élections libres prévues par la Conférence de Yalta (février 1945) inquiète les occidentaux. En mars 46, Churchill (discours de Fulton) dénonce le "rideau de fer"qui sépare désormais l’Europe de l’Est du reste du monde. Les EU s’inquiètent également du poids des partis communistes en France et en Italie où les difficultés économiques et sociales jouent en faveur de la propagande communiste. En 1947, les EU décident de donner un coup d’arrêt aux prétentions soviétiques.

 

2) L’année 47 est celle de la rupture entre les alliés d’hier, la formation de deux blocs idéologiques antagonistes et le début de la Guerre froide.

 

a - La doctrine Truman : Le président des EU Harry Trumanpropose la politique du "containment" (endiguement) au Congrès américain le 12 mars 1947 : les EU s’engagent à protéger les pays libres menacés par le communisme ; l’URSS est qualifié d’Etat totalitaire. Pour mener à bien cette politique les EU ont deux atouts majeurs : la bombe nucléaire qu’ils sont seuls à posséder jusqu’en 1949 et la puissance économique et financière. Le 5 juin 1947, à l'université de Harvard, le général Marshall, secrétaire d’État dans le gouvernement Truman, définit les bases de son « European Recovery Program » (« Programme pour la reconstruction de l'Europe ») : une aide financière est proposée à l’Europe (URSS et Europe de l’est compris) pour une durée de 4 ans : 13 milliards de $ sont débloqués par les EU pour le redressement de l’Europe.

 

b- La riposte soviétique -La doctrine Jdanov : l’URSS, les pays satellites et les PC rejettent le Plan Marshall, présenté comme un produit de l’impérialisme américain pour établir sa domination sur le monde. Le 30 septembre 1947, Jdanov, 3e secrétaire du PC soviétique, reconnaît la division du monde en deux camps : les forces impérialistes, dirigées par les États-Unis, et les pacifistes, menées par l'URSS. Le 5 octobre 1947 est créé le Kominform, pour coordonner l’action et des partis communistes à travers le monde. Le monde s’installe dans la « Guerre froide », une opposition dans tous les domaines sans engagement armé direct entre les deux« supergrands », lesquels s’affrontent par le biais de conflits périphériques.

 

B. L’escalade dans la Guerre froide (1948-1953)

 

1) Les points de tension : le "coup de Prague" (février 1948) marque la volonté de l'URSS de ne tolérer dans sa zone que des régimes communistes. Sur la pression communiste, le PC Tchèque organise des manifestations à Prague (17 au 25 Février 1948) et intiment à Benes d'accepter la constitution d'un gouvernement majoritairement communiste : la Tchécoslovaquie devient une « Démocratie populaire ».

 

Après le "coup de Prague", éclate la 1ère crise de Berlin. N’ayant pu se mettre d’accord avec les Soviétiques sur le sort de l’Allemagne, les Occidentaux créent une nouvelle monnaie dans leur zone d’occupation (deutsche Mark). Les Soviétiques bloquent alors, en juillet 48, les accès routiers et ferroviaires entre la zone d’occupation occidentale et Berlin ouest. Les Américains ripostent par la mise en place d’un pont aérien (de juillet 48 à mai 49). Le blocus est levé par les Soviétiques le 12 mai 49. Les Occidentaux regroupent leurs zones d’occupation le 8 mai 1949 d’où la création de la République fédérale allemande (RFA), alors que les Soviétiques créent la République démocratique allemande (RDA) le 7 octobre 1949. L’Allemagne est (pour 40 ans) coupée en deux.

 

La Corée : La Guerre froide crée en Corée, comme en Allemagne, deux États: la Corée du nord pro-soviétique et la Corée du sud pro-occidentale de part et d’autre du 38ºparallèle de latitude N. En juin 50, la Corée du nord envahit la Corée du sud. Les EU demandent au Conseil de sécurité une intervention en faveur de la Corée du sud, profitant de l’absence de l’URSS qui pratique la "politique de la chaise vide" face au refus de l’ONU de reconnaître dans la Chine de Mao au Conseil de sécurité. L’armistice de Pan Mun Jon n’est signé qu’en juillet 1953, quelques mois après la mort de Staline. Cet armistice rétablit une frontière précaire autour du 38º parallèle entre les deux Corée.

 

L’Indochine :Depuis 1947, la France conduit une guerre contre les communistes du Vietminh (Ho-Chi-Minh), pour tenter de conserver l’Indochine dans son empire colonial. Les opérations aboutissent à la défaite de Diên Biên Phu en mai 1954. L’armistice est signé le 20 juillet 1954 consacrant l’éclatement de la péninsule indochinoise et la division du Vietnam en deux États au niveau du 17ºparallèle de latitude N.

 

2) L’organisation des blocs :

 

L’organisation du bloc occidental : en 1948 est créée l’OECE (Organisation Européenne de Coopération Économique) pour gérer les fonds du plan Marshall. L’Europe se lance dans un processus d’intégration (1951-CECA, 1958-Traité de Rome). En 1949, après le "coup de Prague", la France, le RU et le Benelux signent le Pacte de Bruxelles qui crée une alliance défensive pro-américaine. Ce traité prélude à la signature, le 4 avril 1949, du traité créant l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Outre les EU et les membres du Pacte de Bruxelles, l’OTAN est intégré par le Canada, la Norvège, le Danemark, le Portugal, l’Islande et l’Italie. En 1952, la Grèce et la Turquie et en 1954, la RFA adhèrent à l’OTAN. Les forces militaires de l’OTAN sont placées sous commandement des États-Unis qui assurent la protection nucléaire des européens.

 

L’organisation du bloc soviétique : en réponse à l’OECE, l’URSS crée en 1949, le CAEM (Conseil d’Aide Économique Mutuelle ou COMECON). Entre 1945 et 1949, des traités de coopération militaire sont signés entre l’URSS et les divers pays satellites.

 

3) EU/URSS : deux modèles de sociétés, à prétention universelle.

 

 

                               
 

 
 

Modèle américain

 
 

Modèle soviétique

 
 

Fondements idéologiques

 
 

- Liberté d’expression, d’association, religieuse (cf déclaration d’indépendance 4 juillet 1776)

 
 

- marxisme–léninisme, dictature du prolétariat

 

Révolution, lutte des classes.

 
 

 

Modèle politique

 
 

Multipartisme mais deux formations libérales (démocrate et républicain) se partagent le pouvoir en alternance.

 

 

- système fédéral

 

 

- séparation des pouvoirs, régime présidentiel : le président nomme ses secrétaires d’Etat qui ne sont responsables que devant lui ; mais le président est contrôlé par la Cour Suprême et en cas d’abus de pouvoir le Congrès peut procéder à l’impeachment ; le congrès a le pouvoir législatif

 

 
 

Le PC détient le pouvoir, c’est le parti unique, Le secrétaire général du parti est également le chef de l’Etat.

 

 

- système fédéral : URSS (1922)

 

 

- régime totalitaire : un chef, culte de la personnalité; censure de la culture et de la presse (pravda), dissidents traqués et envoyés dans les camps du goulag (ex : Soljenitzyne)

 
 

 

Modèle économique

 
 

Capitalisme libéral, économie de marché :

 

 

Initiative individuelle, le monde des affaires est dominée par des entreprises privées très puissantes ; mais le New Deal a favorisé dans les années 30 l’ « État-providence » (welfare state) en aidant chômeurs, personnes âgées, agriculteurs

 

 

Au lendemain de la guerre, les EU ont une supériorité éco écrasante : immenses ressources, large marché intérieur (baby-boom et immigration), ils produisent 50% des richesses mondiales (pour 6% de la pop), supériorité technologique et militaire

 
 

Une économie dirigée et planifiée:

 

 

- tous les moyens de production appartiennent à l’État (usines, terres) ; les terres ont été collectivisées en URSS dans les années 30 et après la guerre dans les territoires qu’elle a annexés ; au niveau industriel, priorité à l’industrie lourde qui doit permettre l’indépendance éco et militaire du pays mais cela se fait au détriment des industries de biens de consommation

 

 

Eco planifiée par plans quinquennaux (Gosplan) ; ils permettent à l’URSS d’être la 2ème puissance militaire et industrielle du monde

 
 

 

 

Modèle de société

 

 
 

société d’abondance, consommation de masse ; de biens (voiture, électroménager..) et loisirs (parc d’attraction, cinéma, …), l’american way of life fait rêver le monde via Hollywood.

 
 

Une société encadrée : l’État contrôle la société dans tous les domaines : enseignement, organisations de jeunesses (komsomols), soins médicaux, installations de sports et loisirs ; pas de syndicats pas de grèves.

 
 

Mais un modèle en question

 

 

 
 

Tous les américains ne bénéficient pas des droits civiques : les Noirs jusqu’en 1965, régime de ségrégation raciale.

 

Chasse aux sorcières contre les communistes (Mc Carthy années 50)

 

- une partie de la société n’a pas accès à la société de consommation

 

Années 60 : critique envers Vietnam (pacifisme, hippies)

 
 

Au niveau social : pas assez de logements et problèmes de ravitaillement des villes car les terres collectivisées produisent des rendements faibles ; inégalités sociales (nomenklatura est une classe de privilégiée)

 

Religion et particularités nationales étouffées.

 

 

 

II. L’affrontement des modèles au temps de la bipolarisation du monde

 

A. La stabilisation de la guerre froide (1953-1957)

 

1) Les nouvelles diplomaties américaine et soviétique : Côté américain: Lors de sa prise de fonction en janvier 1953, Eisenhower, et son secrétaire d’Etat, John Foster Dulles, souhaite non plus endiguer le communisme, mais le refouler ("Roll Back"). Le début des années 50 est marqué par le maccarthysme (ou « chasse aux sorcières ») et une certaine "Pactomanie (OTASE sept. 54, Pacte de Bagdad février 55) ; de nombreuses bases militaires sont disséminées de par le monde.

 

Côté soviétique: une alternance de fermeté et gestes de bonne volonté de la part de Khrouchtchev. L’URSS réagit à l’entrée de la RFA à l’OTAN en 1954, en créant le Pacte de Varsovie en 1955, équivalent soviétique de l’OTAN.

 

2) La Crise de Suez. : en 1956, alors que l’URSS est aux prises avec des velléités d’indépendance de la Pologne et de la Hongrie, France et RU conduisent une expédition punitive contre l’Egypte du Colonel Nasser, au pouvoir depuis 1952. Celui-ci, pour sortir l’Egypte du sous-développement, souhaite mener une politique de grands travaux (construction du barrage d’Assouan). Nasser, à la recherche de fonds, s’adresse à la France et au RU principaux actionnaires de la Compagnie du canal de Suez. Les deux puissances refusent car Nasser mène une politique anti-israélienne et soutient la lutte du peuple algérien pour son indépendance. Le 26 juillet 1956, Nasser nationalise la Compagnie du Canal de Suez. Le RU et la France poussent l’État d’Israël à porter une attaque dans le désert du Sinaï et bombardent Port-Saïd sous prétexte de protéger la zone du canal. Les États-Unis demandent à l’ONU d’intervenir et spéculent sur les monnaies européennes. L’URSS envoie un ultimatum au RU et à la France les menaçant d’utiliser la bombe atomique. Les Français et les Britanniques s’inclinent. Cette affaire démontre une forme de complicité des deux supergrands. La France et le RU ne peuvent plus agir librement sans leur consentement. Elles sont désormais des puissances secondaires. Enfin, l’affaire de Suez a permis à l’URSS de faire passer au second rang son intervention en Hongrie (en1956, la Hongrie qui annonce son retrait du Pacte de Varsovie est matée dans le sang).

 

B. Vers la coexistence pacifique (1957-1962)

 

1) Des éléments nouveaux dans les rapports est-ouest

 

a - L’ « équilibre de la terreur » : dans les années 50, l’URSS a rattrapé les EU dans le domaine nucléaire (bombe A en 1949, bombe H en 1953). L’URSS les devance dans le programme spatial (Spoutnik en avril 1957). Les EU et l’URSS, se lancent dans une course aux armements, classiques et nucléaires, tout en s’inquiètant de la prolifération de l’arme nucléaire : RU (bombe A en 1951, H en 1957), France (bombe A en 1964, H en 1968), Chine Populaire (bombe A en 1964, bombe H en 1967).

 

b - Un dialogue plus ouvert : en 1959, Khrouchtchev se rend aux EU. En 1961, les 2 « K » se rencontrent à Vienne. Face à l’URSS, Kennedy met en place une nouvelle stratégie, la "riposte graduée" : volonté de négocier et de dissuader avant de menacer. Mais la Guerre froide continue comme le prouve les deux crises de Berlin et de Cuba.

 

2) Deux crises majeures

 

a - La 2ème crise de Berlin : en 1958, Khrouchtchev dénonce le statut quadripartite de Berlin. Il veut annexer Berlin à la RDA. Berlin-ouest est la vitrine du monde occidental. C’est aussi le lieu privilégié du passage des candidats à "la liberté" pour l’occident. Le 13 août 1961, le mur « de la honte » est construit. Avec la visite de Kennedy à Berlin-ouest en 1963 ("Ich bin ein Berliner"), Berlin, symbole du régime nazi 20 ans plus tôt devient enjeu de la liberté pour les occidentaux.

 

b - La crise de Cuba : en 1959, Fidel Castro a chassé le dictateur cubain Batista. En octobre 62, les EU détectent la présence de rampes de lancement de missiles à Cuba. Des navires soviétiques font route vers Cuba avec des missiles à bord. Le 22 octobre 1962, Kennedy lance un ultimatum à Khrouchtchev, exige le rapatriement des bateaux et le démontage des rampes de lancement. La fermeté de Kennedy pousse les autorités soviétiques à rappeler leurs navires, le 26 octobre 1962.

 

3) La « détente » (1963/1968) : les coûts croissants de la course aux armements, la dangerosité des stocks d'armes existants , les risques encourus lors de la crise de Cuba, vont imposer la cohabitation des deux Grands.L'installation en juin 1963 d'une liaison télex-"le téléphone rouge" entre le Kremlin et la Maison Blanche - permet une communication permanente entre les deux administrations, pour désamorcer de nouvelles crises. Des accords sont signés pour empêcher la prolifération nucléaire militaire (1963 1967 1968).

 

 

III. La bipolarisation du monde remise en cause.

 

 

a) Chaque bloc connaît des difficultés internes:

 

En 1960, la Francequi revendique avec le général De Gaulleune voie à part entre les deux blocsfait exploser sa première bombe atomique, reconnaît la Chine en 1964, quitte l'OTAN en 1966 et refuse de signer le Traité de non prolifération des armes atomiques de juillet 1968. De Gaulle s’oppose à l’entrée du RU (« cheval de Troie » des EU) dans la CEE.

 

Dans le camp socialiste : en 1967, la Chinerompt ses relations diplomatiques avec l'URSS. Ce contentieux est idéologique (divergences sur les finalités du communisme) et territorial (remise en cause par la Chine de traités imposés au XIXème siècle par la Russie tsariste). L'expérience du "Socialisme à visage humain" (processus de démocratisation : amorce de pluralisme et libération de l’information) d'Alexandre Dubçêk en Tchecoslovaquieest stoppée sur ordre de Moscou par les troupes du Pacte de Varsovie. Le 21 août 1968, l’armée rouge et les troupes de quatre autres pays du Pacte de Varsovie (Pologne, Hongrie, RDA et Bulgarie) envahissent le territoire tchèque et mettent un terme au « printemps de Prague ».

 

 

 

b) Les conflits périphériques (1964/1968)

 

L'engagement américain au Vietnam: En 1964, le président Lyndon Johnson (qui a succédé à Kennedy, assassiné le 22/XI/1963), convaincu qu’il fallait empêcher le Vietnam du Sud de tomber aux mains des communistes, décide d'un engagement militaire massif contre le Viêt-Nam du Nord soutenu par l'URSS. Les EU vont rester dans le « bourbier »vietnamien jusqu’en 1973.

 

 

Troisième guerre Israelo Arabe ou Guerre des Six jours (du 5 au 10 Juin 1967) et quatrième guerre israélo-arabe ou guerre du Kippour (6-24 octobre 1973).

 

 

Suite à la guerre du Kippour, l'OPEP décide la multiplication par quatre des prix du pétrole brut et une diminution sélective des livraisons pour contraindre les États occidentaux à faire pression sur Israël pour qu'il se retire des territoires occupés. Ils déclenchent ainsi le premier " choc pétrolier"

 

Le désordre économique s'installe et les EU, contestés en raison de leur engagement au Vietnam constatent lors des présidences ternes de Richard Nixon (Watergate en 1974) Gerald Ford et Jimmy Carter une montée en puissance de l'URSS qui pour tente d’étendre son influence en Egypte, dans la corne de l’Afrique, en Asie du sud-est.

 

 

c) la Guerre "fraîche" et l'expansionisme soviétique

 

La "guerre fraîche" selon la formule de Brejnev en 1978 marque la fin du "condominium" américano-soviétique (depuis la crise de Cuba en 1962) et le basculement vers une situation incertaine. Brejnev décide une augmentation de son arsenal nucléaireet de la marine de guerre. En février 1979 la victoire de la "révolution islamiste" iranienne bouscule l'équilibre du Moyen Orient. Quelques mois plus tard un régime pro soviétique s'installe au Nicaragua de même que sur l'île de la Grenade dans les Caraïbes. Le 27 décembre 1979, l'armée rouge envahit l'Afghanistan pour soutenir le régime communiste de Kaboul menacé par les Talibans. Pour contrer l' expansionnisme soviétique, les EU relancent la course aux armements et l'OTANdécide le 22 décembre 1979 de déployer des missiles offensifs en Europe et en Turquie, pour répondre à l’installation de missiles SS-20, pointés vers l’Europe occidentale, en URSS (crise des « euromissiles » 1979-1987).

 

IV La fin de la « guerre froide ».

 

 

a) Le «retour » de l'Amérique

 

Élu en novembre 1980, réélu en 1984, Ronald Reagan (69 ans, ancien comédien, gouverneur de Californie) réincarne "la mission américaine de défense du "monde libre". Le « reaganisme » est un durcissement de la politique américaine et un effort de réarmement(65% d'augmentation du budget de la défense entre 1980 et 1985) destiné à épuiser l'URSS dans la course aux armements (programme de l'Initiative de défense Stratégique - "guerre des étoiles" ou I.D.S). Le dialogue Est-Ouest est interrompu: plus de sommet américano-soviétique entre 1980 et 1985, boycott des JO de Moscou en 1980 puis de Los Angeles en 1984. Ronald Reagan, propose en mars 1983 le programme « Guerre des étoiles » contre "l'Empire du mal".

 

 

* b) L' épuisement de l'URSS

 

L'économie de l'URSS s’épuise dans la course aux armements. L'URSS s'enlise dans le "bourbier" afghan, se coupe du monde musulman, et ne peut plus revendiquer être l'allié naturel du Tiers Monde contre l'impérialisme. En Pologne, au début des années 80, elle n'intervient pas militairement pour mater la fronde organisée par le syndicat Solidarnosc de Lech Walesa appuyé par l'église polonaise, et le poids moral du pape Jean-Paul II. Le décès de Brejnev en 1982 sonnera le glas de la puissance de l'URSS et la désignation en 1985 de Mikhaïl Gorbatchev, ouvrira une nouvelle, et ultime, période dans les relations Est / Ouest.

 

 

c)L’expérience Gorbatchev

 

En mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev est nommé Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS). Mikhaïl Sergeyevich Gorbatchev arrive au pouvoir à l’ âge de 54 ans, ce qui tranche avec ses prédécesseurs : Constantin Tchernenko (1911–1985), Youri Andropov(1914–1984), et Léonide Brejnev (1906–1982) ; Secrétaire général de 1964 à 1982). Depuis 1982, en 3 ans, deux secrétaires généraux sont décédés, ce qui donne un sentiment de flottement de l’exécutif soviétique. Néanmoins, a priori, nul ne peut imaginer queGorbatchev, premier secrétaire général né après la révolution de 1917, serait le dernier chef d’État de l’Union Soviétique.

 

 

Deux notions résument la politique de Gorbatchev : Glasnost (ouverture, transparence) et Perestroïka (restructuration, réforme). La politique de communication de Gorbatchev rompt radicalement avec celle de ses prédécesseurs, en particulier Staline (1928-1953), Khrouchtchev (1955-1964) et Brejnev (1964-1982), auquel il reproche la stagnation politique d’une nomenklaturaconservatrice et corrompue, et la militarisation à outrance qui a fragilisé l’économie. « Gorbi » se rend sympathique auprès des médias occidentaux, par son humour et son ouverture d’esprit. Le dialogue reprend: en novembre 1985, Gorbatchev et Reagan se rencontrent. En 1986, l'explosion d'un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, enUkraine, révèle l’'état de délabrement économique du bloc de l'Est. En décembre 1987, l'URSS et les EU se mettent d'accord, au sommet de Washington, pour l'« Option Zéro » et suppriment ainsi tous les SS-20situés en Europe de l'Est ainsi que les Pershing II et les missiles de croisière. L'URSS met en place une politique de désarmement, en acceptant le contrôle sur son propre territoire.

 

 

d) La fin de la guerre froide.

 

Enhardis par les changements en cours à Moscou, les peuples des pays d'Europe de l'Estréclament du changement et des réformes. En Hongrie, le multipartisme est accepté dès février 1989. EnPologne, le syndicat Solidarność est à nouveau autorisé en avril 1989 et remporte les élections législatives en juin (Lech Walesasera élu président le 21 décembre 1990).

 

La chute du mur de Berlin le 09 novembre 1989 marque de manière symbolique la fin de la guerre froide.Toutefois, depuis mai 1989 la frontière austro-hongroise est ouverte. Le 1er décembre, la Chambre du peupleabolit la constitution de la RDA. En Tchécoslovaquie, la« Révolution de Velours »provoque l'effondrement du régime sans une goutte de sang versé. Des manifestations ont lieu dans le pays, pour réclamer des changements. Le 10 décembre, le premier gouvernement non-communiste est formé. Le 29 décembre Václav Havel est élu Président de la République. La chute des régimes de l'Est est pacifique, sauf enRoumanie. Le 25 décembre 1989, au cours d'un procès expéditif, les époux Ceausescu sont condamnés à être fusillés. Les images de leur exécution immédiate sont relayées par toutes les télévisions.

 

 

En août 1991, le putsch mené en URSS par des conservateurs contre Gorbatchevéchoue. Boris Eltsine, président de la Russie, décrète la dissolution et l'interdiction du Parti communiste de l'Union soviétique. Le 3 octobre est signé à Moscou le Traité de paix entre les quatre vainqueurs de la Seconde guerre mondiale et les deux Allemagnes réunifiées (réunification allemande le 03 octobre 1990). Les républiques de l'URSS déclarent l'une après l'autre leur indépendance. Le 8 décembre la Communauté des États indépendants (CEI) est créée et regroupe 11 des ex Républiques de l'URSS devenues indépendantes. Le 24 décembre la Russie sous la direction de Boris Eltsine devient membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU. Le 25 décembre Mikhail Gorbatchev démissionne de sa fonction de chef de l'Etat. Le 26 décembre 1991, l'Union soviétique est officiellement dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI).

 

 

 

Du monde bipolaire au monde multipolaire : de nouveaux espaces de conflictualité

 

 

1. La « fin de l’histoire» : les États-Unis « gendarmes du monde » ?

 

La fin du communisme en Europe de l’Est et la disparition de l’URSS furent perçues par tous les libéraux occidentaux comme la victoire de l’économie de marché et de la démocratie libérale. Le professeur américain d’économie politique Francis Fukuyama formule la thèse de la «fin de l’histoire». Selon lui, la fin de la guerre froide annonce l’émergence d’un nouvel ordre mondial fondé sur l’extension progressive à la planète entière du modèle économique et politique américain. Les États-Unis apparaissent comme les « gendarmes du monde ». Cette vision géopolitique optimiste devait être invalidée par les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center (NY), organisés par Al Qaïda. La fin de l’URSS et de la bipartition du monde, loin de contribuer à l’extension d’un ordre mondial, devait aboutir à l’émergence d’un monde plus instable et aux menaces plus diffuses, notamment la menace terroriste.

 

 

Les années 1990 sont marquées par un renouveau de la coopération internationale, visible dès la première guerre du Golfe (1991). En août 1990, les forces irakiennes de Saddam Hussein envahissent et occupent le Koweït. Sous l’égide de l’ONU, George Bush (père) parvient, avec l’assentiment de la Russie, à mettre sur pied une coalition internationale. La guerre du Golfe se déclenche en février 1991; elle dure six semaines et aboutit à la libération complète du Koweït. Mais l’Irak n’est pas envahi et Saddam Hussein reste en place.

 

 

Afin de résoudre le problème palestinien, le président Bush, également soutenu par la Russie, pousse les Israéliens et les représentants de l’OLP mais aussi de la Syrie et du Liban à se retrouver dans une conférence,à Madrid, en octobre 1991. Ces premières discussions aboutissent aux accords d’Oslo, signés à Washington le 13 septembre 1993, sous l’égide de Bill Clinton, entre le Premier ministre israélien Itzhak Rabin et Yasser Arafat. Par ces accords, Israël accepte la création d’une Autorité palestinienne – Yasser Arafat en devient le premier président. Il le demeure jusqu’à sa mort en 2004 et est alors remplacé par Mahmoud Abbas, élu en janvier 2005. Ces efforts de paix ne résistent pas aux attentats commis par le Hamas, à l’assassinat d’Itzhak Rabin par un extrémiste juif en 1995, à la seconde intifada débutée fin 2000, aux représailles israéliennes. Les Palestiniens exigent le retour de Jérusalem-est (occupée par Israël depuis la guerre des Six Jours) comme capitale du futur état palestinien. Or, c’est dans cette partie de la ville que se trouve le Mur des lamentations, le lieu le plus saint du judaïsme. La question se complique encore lorsque le Hamas remporte les législatives palestiniennes de 2006.

 

 

Le nouveau « désordre mondial » de 1989 à nos jours

 

 

Dans les années 1990, l’ONU tente de théoriser un nouveau type de droit international fondé sur le principe du droit d’ingérence. C’est au nom de ce droit d’ingérence que l’AG de l’ONU vote le principe d’une intervention en Somalie en 1992-1993, sous l’égide des E.U. L’opération « Restore Hope » vise à rétablir la paix dans un pays déchiré par la guerre civile : les troupes de la coalition de l’ONU sont prises pour cibles par les différentes milices somaliennes et se heurtent à l’hostilité des populations somaliennes. Au bout de quelques mois, les troupes de l’ONU rembarquent.

 

 

L’éclatement de la fédération yougoslave (Yougoslavie créée en 1918) est à l’origine de multiples guerres. Dès 1991, la Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance. Celle-ci engendre immédiatement de la part de la Serbie, dirigée par Slobodan Milosevic, une action militaire. Le conflit prend un tour plus dramatique encore avec la proclamation d’indépendance de la Bosnie, en 1992. Les milices serbes mettent le siège devant la ville de Sarajevo qu’ils bombardent quotidiennement pendant trois ans sous les yeux impuissants des Européens. La guerre de Bosnie est marquée par des opérations de « purification ethnique » où les milices serbes chassent les populations musulmanes. A Srebrenica, 6 000 à 8 000 Bosniaques sont éliminés par les troupes serbes dirigées par Ratko Mladic. Ce n’est qu’avec l’intervention militaire de l’OTAN contre la Serbie, décidée par le président Clinton, que la guerre de Bosnie prend fin. Au terme des accords signés à Dayton (1995), la Bosnie devient un Etat indépendant divisé en trois entités serbe, croate et bosniaque.

 

 

Dès les années 1970, des terroristes comme Carlos mènent des actions sanguinaires mais les années 1990 voient un renforcement du phénomène. Déjà en 1983, le double attentat de Beyrouth, sans doute organisé par le Hezbollah (mouvement islamiste chiite financé par l’Iran et la Syrie), coûte la vie à une soixantaine de soldats français et à 240 soldats américains, envoyés dans ce pays comme casques bleus. À partir de 1992, c’est l’Algérie qui est victime d’une terrible guerre civile. Lancée par le F.I.S. (Front islamique du salut) et sa branche armée, le G.I.A. (groupe islamique armé) financés par les milieux wahhabites saoudiens, elle fait plusieurs centaines de milliers de victimes. Les wahhabites saoudiens financent également d’autres mouvements terroristes: en Indonésie (attentat de Bali, en 2002 qui fait plus de 200 morts), aux Philippines, en Palestine avec le Hamas.

 

 

La montée du danger terroriste

 

C’est de ces milieux islamistes qu’est issu Oussama ben Laden. D’abord combattant du djihad contre les Soviétiques en Afghanistan, il crée Al-Qaïda en 1993 et dirige dès lors son action, au nom de la « guerre sainte », contre les États-Unis. Revenant en Afghanistan en 1996, il s’appuie sur les Talibans qui contrôlent le pays de 1996 à 2001 et coordonne plusieurs attentats en 1998, au Yémen, en Tanzanie… C’est son organisation qui conçoit et exécute les attentats du 11 septembre 2001 contre les deux tours du World Trade Center (à New York) et le Pentagone (à Washington) qui font plus de 3 000 victimes. Cette attaque spectaculaire, suivie en direct dans le monde entier, sert de justification à la politique interventionniste de George W. (Walker) Bush. Avec l’aval de l’ONU, une vaste coalition dirigée par les États-Unis intervient en Afghanistan en octobre-novembre 2001 et renverse le régime des Talibans.

 

 

Mais l’administration Bush, soutenue par les organes de presse appartenant au milliardaire Rupert Murdoch (en particulier la chaîne de TV Fox News), se lance également dans la guerre d’Irak (ou 2e guerre du Golfe) en 2003. Celle-ci, menée sans l’aval de l’ONU, conduit au renversement de la dictature de Saddam Hussein (sans lien avec le 11/11). Dans un Irak divisé par les conflits religieux, cette intervention se révèle désastreuse. Barak Obama, qui peut par ailleurs porter à son crédit l’exécution au Pakistan de Ben Laden (opération« Geronimo », 1er mai 2011), s’efforce de désengager son pays de cette intervention militaire sans provoquer de nouvelles catastrophes.

 

 

Bilan : un monde toujours plus instable.

 

Nombre d’analystes avaient espéré, à la chute de l’URSS, l’aube d’un monde plus harmonieux. Le monde peut paraître aujourd’hui plus instable que jamais. En Afghanistan, les Talibans semblent aujourd’hui en passe de reconquérir d’importantes régions. L’Irak n’est en rien stabilisé et le départ des troupes américaines pourrait bien aboutir à la guerre civile et à la partition du pays. Le risque terroriste est sans doute toujours aussi grand comme en témoignent les multiples attentats à la bombe ou prises d’otages des années 2000 : ainsi, en Indonésie, en Espagne, avec les attentats de Madrid (11 mars 2004), imputés à Al-Qaïda (200 morts, 1 400 blessés), au Royaume-Uni avec ceux de Londres (7 juillet 2005, 56 morts et 700 blessés), en Inde avec ceux de Delhi (29 octobre 2005, 61 morts, 92 blessés, menés par séparatistes musulmans venus du Cachemire) ou les attaques menées à Bombay contre plusieurs hôtels et lieux publics par un commando formé au Pakistan (26 au 26 novembre 2008, 173 morts, 312 blessés) ou encore la Russie régulièrement confrontée à un terrorisme islamiste issu du Caucase.

 

Une nouvelle donne, imprévisible, surgit à la fin de l’année 2010 avec le « printemps arabe » qui se traduit par une flambée révolutionnaire à travers l’ensemble du monde arabe. Des régimes autoritaires et corrompus alliés de l’Occident sont chassés du pouvoir en Tunisie et en Egypte. Une véritable guerre civile embrase la Libye. Et des révoltes populaires soulèvent le Proche-Orient, affectant aussi les monarchies absolues de la péninsule arabe.

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